10.06.2009

Vous reprendrez bien un peu de Wroclaw...

Comme ma motivation à écrire mon dernier essai n'a d'égale que ma propension à procrastiner à mort, je me déculpabilise en nourrissant mon blog. Voici quelques photos de Wroclaw aux beaux jours.

 

 

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Le Rynek, parce qu'on ne s'en lasse pas

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Quelques squatteurs à côté du Spiż

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Une Fiat Polski - pub comme on en voit beaucoup

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L'église Sainte Elisabeth

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Le gardien, qui a le soleil dans les yeux

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Do it yourself ! (en plus c'était ma photo n°33)

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Traduction : "Honte à toi !"
On trouve ce genre de tags au pochoir partout en ville...

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On a ça aussi (intelligemment customisé par des artistes en herbe...)

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Ma Lulu, si tu passes dans le coin c'est juste pour toi ! ;)

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Le Chocoffee, où la spécialité du même nom (mélange de chocolat et café comme son nom l'indique) est absolument délicieuse...

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A gauche la fac d'Histoire. Si j'ai le temps avant de partir j'irai prendre son labyrinthe de couloirs en photo.

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Hala Targowa, les halles du marché. La photo est surexposée, tant pis...

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Un pont, une Ophélie

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L'Ostrów Tumski, dominé par la cathédrale

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Le Most (pont) Tumski, qui relie l'île du sable à l'Ostrów Tumski

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L'église de la Sainte Croix

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La cathédrale vue depuis le Most Tumski

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L'église de la Sainte Croix et de Saint Barthélémy (oui, deux étages, deux églises) avec devant le monument à Saint Jean Népomucène

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La cathédrale

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Là je me suis juste retournée

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Devant la cathédrale une statue de la Vierge à l'enfant



Voilà pour la petite visite guidée. Je n'ai pas trop le temps de mettre à jour en ce moment, j'ai d'une part les examens qui se terminent juste, mon mémoire qui occupe disons 50 % de mon esprit depuis un bon moment, Fanny qui arrive ce ouiquende, les parents le 22 et bien entendu les soirées de rigueur pour célébrer la fin des examens et de cette année pas comme les autres. Je vais donc mettre à jour pour mes voyages mais je ne vais certainement pas réécrire des pavés...

Une petite pour la fin, parce que les étudiants polonais ne manquent pas d'humour :

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Et puis Wroclaw en ce moment c'est aussi ça :

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On en trouve à moins d'un euro le kilo... Avec Katie (ma coloc') on s'achète régulièrement nos deux kilos. Miam !

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Re-miam !

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Le ciel rincé par les orages et les couchers de soleil à 21h...

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Pour se lever vers 3h30 du mat'. J'y assiste tous les jours en ce moment, en grande insomniaque que je suis.





06.05.2009

Veni, vidi, redii

Me voilà de retour après moult péripéties sur mon trajet entre la Pologne et la République tchèque. Pour résumer il y avait un accident sur la ligne, j'ai donc dû prendre un train, puis un bus, puis un train pour arriver avec deux heures de retard à Prague. J'ai malgré tout fait des rencontres amusantes sur le chemin, j'en parlerai plus tard. Disons que j'ai eu l'impression d'être projetée le temps de quelques heures dans un film de Kusturica à ses débuts.

 

Petite mise à jour des liens : Lulu, qui n'est effectivement plus à Torun, ni à Rottmersleben, mais bien à Passau en Bavière (priez pour son accent, elle ne parlera plus jamais allemand de la même manière... :)).

Il y a aussi Romain qui est arrivé il y a près d'un mois à Wroclaw pour son stage et qui vit dans le crayon. Il y a pas mal de photos de la ville par chez lui.

 

 

J'en profite pour remercier les quelques personnes qui sont arrivées ici en tapant sur Google "bar" (comme si je ne passais déjà pas assez pour une alcoolique), "voulez-vous du beurre" (oui, merci), "envoyée au bled par la famille" (non, mes parents ne m'ont pas exilée de force) et surtout "CRS SS". Je doute qu'il ait trouvé ici ce qu'il cherchait, mais l'association ne me déplaît pas. Quand on a un blog c'est un peu le début de la gloire d'avoir des mots clefs improbables...

 

Une p'tite photo de Prague pour ne pas poster à blanc :

 

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Question à une couronne : mais où est le pont Charles ?

28.04.2009

Prague, me (re)voilà !

Encore, me direz-vous !

Je profite de ce que Aanor et Louise quittent leurs pizzas et leur chianti et se rendent chez les tchèques Emilie et Killian pour y retourner également. Tant pis pour le concert de Deep Purple de samedi, j'ai trouvé preneuse pour ma place et je pars demain après-midi pour la belle Prague, les bras chargés de vodka. Ca sera encore un loooong voyage en train, mais je ne manque jamais de quoi m'occuper.

 

J'ai aussi mis à jour les liens du blog !
A présent il y a Aby qui vit ici à l'Olowek et met exclusivement des photos (quoique pas depuis un moment, mais je suis mal placée pour critiquer l'irrégularité des mises à jour).

Egalement Pierre qui se balade au Japon et est actuellement à Osaka.

Et enfin Lauri qui vient d'ouvrir son blog. Uniquement en finnois pour le moment, mais je ne doute pas qu'il en fera un blog polyglotte.

 

 

Sur ce j'ai des bagages à préparer !

Lato już tutaj !

Hé oui, le printemps est là, voire même l'été à en juger par les températures avoisinant les 20-25° depuis quelques semaines. En ce moment ma vie se résume à mes quelques cours, les terrasses de la vieille ville, les parcs sur les îles bordant l'Ostrow Tumski, les restaurants asiatiques (où comment claquer 100 zl en une soirée), le soleil qui me réveille à 6 h du matin (en général je me lève, je prends une photo parce que c'est beau et je me recouche, faut pas déconner non plus) et mon voisin du dessus qui fornique à tout va (histoire de me rappeler que oui, c'est bien le printemps). Je me suis dit que c'était le bon moment pour parler des quelques choses atypiques de la Pologne qui me ramènent quotidiennement à mon statut d'expatriée et m'émerveillent, me gonflent ou m'amusent (ou les trois).


Tout d'abord je vais parler de ce qui aujourd'hui m'a donné l'idée d'écrire cet article : l'administration ! (le mieux c'est de le dire avec une musique de film d'horreur en fond, genre "red is dead", et le roulement du tonnerre) Comment décrire cet immense, dantesque, incompréhensible bourbier qu'est l'administration polonaise ? Peut-être avec des exemples.

Je suis allée aujourd'hui renouveler ma carte d'étudiante polonaise car le tampon n'était valide que jusqu'au 30 mars (oui, je prends mon temps). Je vais d'abord au bureau international car je ne me souvenais plus dans quel bâtiment j'avais été au mois d'octobre. Après avoir vérifié que mon nom était bien sur la liste des erasmus du second semestre la référente me donne un papier avec l'adresse dessus. Bien, le bâtiment est à 100 m. Je me rends dans ledit bâtiment et je rentre dans le bureau. Là, scène typique : 3 étudiants à attendre et 3 femmes derrière l'espèce de comptoir. Vous connaissez la blague des techniciens de chez Microsoft qui changent une ampoule ? Celle où il en faut 2 pour tenir l'échelle et un pour visser l'ampoule ? Et bien c'était un peu ça. Il y en avait une qui travaillait et les deux autres buvaient leur café en discutant, nonchalemment appuyées contre une table. Mais ceci faisant partie des choses qui ne me choquent plus vraiment j'ai à peine noté la situation.


Je demande donc à ce que ma carte soit tamponnée à nouveau. Et là elle m'explique que n'ayant pas les listes, et donc ne sachant pas si j'étais encore étudiante à l'université de Wroclaw, elle ne peut me délivrer ce cachet. Je lui demande d'appeler le bureau international pour régler l'affaire (d'ailleurs, pourquoi le bureau international aurait les listes et pas le bureau de la fac d'histoire ? Mystère...), sur quoi elle me répond que leur bureau n'est pas en contact avec l'internationale et qu'elle ne peut appeler (quoi, même pas un petit numéro de téléphone sur un petit bout de papier ?). Retour à l'envoyeur, je retourne au bureau international. J'ai une demi heure pour régler le problème car les deux administrations ferment à 14h.


Au bureau international l'aimable référente appelle le bureau d'où je viens, leur explique que je suis sur les listes et finit par me donner une copie de la liste avec le cachet et la signature du bureau international (desfois que j'aie inventé une vingtaine de noms, prénoms et dates de naissance de gens venant du monde entier - surtout du Kazakhstan, je suis une spécialiste des noms de famille kazakhstans - juste pour faire croire que je suis encore étudiante ici...) que je dois porter à l'autre bureau.

Et voilà, 45 min pour avoir mon Graal : un cachet sur une carte d'étudiant (ce qui me permet entre autre d'avoir des réductions intéressantes pour le train, comme je pars demain j'en avais vraiment besoin).


Attention, ce n'est pas terminé !


Après cette quête pleine de succès je rejoins Ophélie à la poste. Résumons la situation : Ophélie a besoin de faxer des documents de toute urgence. La semaine dernière au bureau international c'était possible, mais aujourd'hui non. C'est comme ça. Elle va donc faire la queue à la poste où seuls deux guichets sont ouverts. Elle attend depuis 20 minutes quand j'arrive, c'est enfin à son tour. Pas de bol : c'est pas le bon guichet pour faire des faxs, faut aller à celui d'à côté. Lequel ? Ah oui, celui où y a 8 personnes qui attendent depuis 30 minutes... Pas de problème.


Au bout de 10 minutes on est parties se boire quelque chose et je ne sais toujours pas à l'heure actuelle si Ophélie a enfin pu faxer ses documents.



Ce qu'il y a de bien avec la poste (et l'administration en général) en Pologne quand on est novice et étranger c'est qu'on ne sait jamais quelle file est la bonne pour ce qu'on a à faire, ce qui peut potentiellement démultiplier le temps d'attente ainsi que notre (ma ?) propension à exploser de rage, surtout quand on crève de chaud avec 20 personnes dans un espace réduit et qu'on ne sait même pas comment on va s'y prendre une fois devant le guichet pour expliquer à la dame qui ne pipe pas un mot d'anglais qu'on veut juste envoyer un colis en France.


Etrangement ça ne m'empêche pas d'adorer ce pays. Peut-être parce que même après avoir attendu 45 minutes, sué sang et eau pour me faire comprendre avec mon accent de française paumée, trépigné d'impatience pour que la connection se fasse dans le cerveau de mon interlocuteur et emmerdé les 15 personnes qui attendent poliment derrière, j'arrive toujours à sourire lorsqu'une dame me gratifie d'un "bardzo dobrze" (comprendre "très bien") parce que mon polonais n'est pas si mauvais ou encore quand une âme généreuse m'aide à envoyer mon colis (parce que la guichetière n'avait pas l'air de comprendre que je n'envoie pas tous les jours des paquets à l'internationale). Peut-être aussi parce que malgré leur lenteur, que ce soit à la poste, au supermarché ou à la gare, personne ne s'énerve, personne ne s'offusque de me voir ralentir une file parce qu'il faut parfois me répéter lentement les choses ou bien parce que je sors mon dictionnaire (surtout chez l'opticien). Les polonais sont habitués à faire la queue. Je n'ose pas dire que c'est depuis le régime communiste (notamment sous Gierek, avec la crise économique), de peur de faire insulte à... je ne sais quoi. Mais c'est comme ça. Les polonais attendent et les français râlent.


En conclusion je dirais : si vous comptez expérimenter l'administration par ici, n'oubliez pas votre pique-nique et votre sac de couchage. Et si vous n'avez pas peur de vous ruinez les épaules n'oubliez pas le "Guerre et Paix" de Tolstoi, c'est le bon moment pour commencer à vous cultiver.

 

Et comme je parlais du sapin de Noël bubonique de Wroclaw, le voici :

 

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Photo piquée à la soeurette. Navrée que tu aies eu un temps si pourri lors de ta venue...


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Voilà le coupable qui me réveille le matin. Oui, on voit le reflet de l'appareil photo. A 5 ou 6 h du mat' je suis trop frileuse pour sortir sur le balcon.

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Ou encore ça. Je n'ai pas encore cassé le MacDo mais j'y pense toujours. Pas sûr que mes potes américains apprécient le geste.

Warszawa

Je reprends le clavier pour vous embarquer à Varsovie (Warszawa pour les initiés, à prononcer "Varchava"). Peu de photos malheureusement, mais je n'y ai été somme toute que peu de temps : 2 jours en novembre (juste avant de partir en voiture pour Torun avec Stéphane et Rachel) et une journée en décembre. Oui, je suis parfois un peu impulsive, je suis partie un beau mardi à 6h du mat' de Wroclaw, arrivée à 12 h à Varsovie et repartie le soir même à 22h. On est rock'n'roll ou on ne l'est pas. Mais je ne serai pas sans y retourner, il sera toujours temps de rajouter des photos.

 

Autant vous prévenir tout de suite : je ne suis pas une grande fan de Varsovie. Comme toute capitale elle est peuplée de gens qui ne marchent pas mais courent, font la gueule dans le métro et n'ont que peu de considération pour les touristes et étrangers que nous sommes. Bon, je grossis le tableau et je pense n'avoir pas été là-bas assez longtemps pour apprécier la ville mais ceux qui me connaissent savent à quel point j'abhorre la foule. Et Varsovie est à la Pologne ce que Paris est à la France : une ville hypertrophiée par rapport au reste du pays (et je ne parle pas de l'équivalent polonais de l'étoile de Legrand, le train ici est une grande expérience). C'est aussi l'endroit par excellence pour faire affaire, on croise donc nombre d'hommes déguisés en pingouins, attaché-case à la main, se pressant d'un endroit à l'autre. Surtout autour du palais de la culture et des sciences (Palac kultury i nauki). Vous voyez pas de quoi je parle ? Je suis sûre que si !

 

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Un dicton polonais veut que l'homme le plus heureux de Varsovie soit le gardien de ce palais, car de sa place il ne peut voir l'horreur phallique qu'est ce bâtiment.


Vous voyez mieux de quoi je parle ? Difficile de le louper : c'est le plus grand bâtiment de Pologne avec ses 237 mètres et ses 42 étages. Vous vous dites que l'architecture fleure bon le goulag ? C'est normal : le Palais de la culture et des sciences est un cadeau de Staline aux Varsoviens, en 1951, et est la réplique de l'université d'état de Moscou. Inutile de dire qu'en offrant ce bloc de béton c'est comme si Staline pissait sur un lampadaire géant planté en plein coeur de la capitale pour marquer son territoire. D'ailleurs en 1989 les polonais ont hésité à le détruire mais il est finalement resté debout et abrite aujourd'hui musées, cinéma, théâtre, salle de concert et un restaurant. On y a même ajouté en 2001 l'horloge que vous voyez en haut. C'est un peu le symbole de la ville à présent. Je n'ai pas pris de photos à l'intérieur mais je peux vous dire que c'est très pompeux et clinquant (luminaires gigantesques, portes où pourrait passer un homme de la taille de trois Chabal, pour peu on se prendrait pour Gulliver perdu chez les géants).
Vous aurez compris que je n'aime pas particulièrement ce bâtiment, mais mon avis est très subjectif. Il vaut le coup d'oeil, ne serait-ce que pour se faire son idée. Et je reconnais que la nuit il est bien plus agréable à regarder.

La Palais de la culture et des sciences est situé en plein coeur de la capitale. On trouve autour des tours immenses, des centres commerciaux aux dimensions dantesques (dont Arkady, le plus grand centre commercial d'Europe), des boulevards qui donneraient le vertige à Hausmann et aussi de grands espaces vides. En me baladant là-dedans j'avais vraiment la sensation d'être écrasée. Ou alors de me retrouver dans un no man's land parfois puisqu'il y a bel et bien des espaces qui ne sont pas exploités (ou alors ce sont mes notions d'architecture qui sont à revoir, Rachel aide-moi !).

Mais heureusement Varsovie ne se résume pas à ça. Il y a de très belles choses à voir. Des choses reconstruites me direz-vous : Varsovie a été entièrement détruite après la Seconde guerre mondiale, surtout après l'insurrection (je vous fais pas de cours d'histoire, il faudrait vivre reclus dans un monastère perdu dans la Cordillère des Andes pour ne rien savoir de cette guerre). La ville a donc été reconstruite par les polonais avec l'aide de tout le pays (en faisant notamment venir des matériaux de construction. Certains bâtiments de Wroclaw en ont fait les frais) et aujourd'hui la vieille ville est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO quand bien même tout est artificiel. Chose marrante : la ville a été reconstruite non pas d'après les plans d'avant-guerre, mais d'après des tableaux d'artistes peintres qui avaient immortalisé la beauté de la capitale. Il faut cependant reconnaître que le boulot est admirable, le vieux Varsovie est superbe bien que dénué de réelle vie. Comparé à Wroclaw (attention, ce qui suit est une fois de plus totalement subjectif, d'autant que je n'y suis allée que l'hiver) j'ai trouvé que la vieille ville était morte. Touristique certes, très jolie, des musées sympas (mention spéciale au musée de l'insurrection et à celui de l'histoire de la ville), des restaurants accueillants, mais mort. La nuit il n'y a plus personne tandis qu'à Wroclaw il y a toujours du monde autour du Rynek (sauf par -15°, je vous le concède).

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Oh la belle photo qu'elle est pas droite. Notez le beau sapin qui avait plus de gueule que le sapin bubonique de Wroclaw.

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Là nous sommes à l'entrée de la vieille ville

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Là je suis en train de me dire que ça ressemble vachement à Stockholm. Mais vous vous en foutez j'imagine.

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Rynek de la vieille ville, avec le marché de Noël à gauche

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La photo parle d'elle-même

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Désolée pour la qualité merdique de la photo, elle est prise du musée de l'histoire de la ville et on ne pouvait pas vraiment ouvrir les fenêtres...

L'ovni bleu au centre de la photo c'est la fontaine de la sirène. Pour la légende il se raconte que deux sirènes se la coulaient douce au fond de la Baltique. L'une alla se poser sur un rocher à Copenhague (allez sur le blog d'Emilie, vous la verrez), l'autre arriva à Varsovie en remontant la Vistule. Elle enquiquinait les pêcheurs mais ceux-ci se mirent à l'aimer et lorsqu'elle fut capturée par un riche marchand qui voulait en faire un phénomène de foire ils la libérèrent. Elle promit alors aux habitants de la ville de venir à leur secours en cas de besoin, d'où l'épée et le bouclier qu'elle porte.
Bon, c'est une bien belle histoire, mais dans les faits cette fontaine a des allures de chasse d'eau selon Rachel, moi-même et bien d'autres. Suffit d'y aller pour comprendre : le bassin se remplit et se vide à intervalles réguliers et fait à chaque fois un bruit équivoque. Et si vous vous demandez pourquoi sur la photo la fontaine brille comme une polonaise qui va en boîte c'est parce qu'en hiver ils avaient coupé l'eau (peut-être pour éviter que les canalisations ne gèlent, allez savoir) pour la remplacer par des guirlandes lumineuses.

Bon, je vais cesser de faire ma mauvaise langue, Varsovie est quand même une très belle ville. Mais je suis d'avis que les coins sympas qu'elle recèle se méritent plus qu'ailleurs, car il faut savoir chercher pour les trouver. Ainsi Rachel (qui habite là-bas) nous a emmenées Mascha et moi dans des cafés tout à fait géniaux, mais aussi dans des petites rues qu'on n'aurait pas l'idée d'emprunter en tant que simple touriste. Il y a aussi pas mal de châteaux et de palais à visiter (quand on n'arrive pas juste après la fermeture...) ainsi que des églises très jolies (ça c'est une surprise, tiens !) mais aussi beaucoup de parcs (pas autant qu'à Wroclaw cependant). Je me promet d'y retourner avant fin juin pour mieux apprécier la ville et aussi prendre plus de photos (et faire un article plus conséquent).

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Si ma mémoire est bonne c'est la rue Nowy Swiat (du nouveau monde), une partie de la Voie Royale. C'est plein de magasins et de restaurants qui coûtent les yeux de la tête. Mais c'est joli, surtout avec les décorations de Noël la nuit. Par contre le vent glacial à l'arrêt de bus était moins sympa.

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The end (oui, c'est brutal)

 

13.03.2009

Krakow, suite et fin ! (enfin)

Krakow, troisième épisode !

 

Et pour vous mettre dans l'ambiance je vais vous parler de Kazimierz (à prononcer Kazimieche), le quartier juif de Cracovie qui s'étend au sud de la vieille ville. Il n'a pas toujours fait partie de la ville : à l'origine c'était une bourgade à côté de Krakow qui était alors la capitale du duché de la Petite Pologne. Pourquoi ce nom ? C'est un hommage au roi Casimir III qui l'a fondée en 1335. Oui, en Pologne nous avons des rois qui s'appellent Casimir car ici c'est tous les jours le printemps (des alcooliques). D'ailleurs quand j'y repense Casimir III (dit le Grand) fut le dernier roi de la dynastie des Piast, et la Piast est la bière de Wroclaw. Y a pas de hasard. Mais je m'égare une fois de plus !

Casimir a créé Kazimierz pour des raisons d'abord stratégiques, la bourgade fut donc bientôt ceinte d'une muraille. Et plus tard en 1495 un autre roi créa un quartier juif à l'est de Kazimierz, lui aussi bientôt entouré d'une muraille, qui se développa de façon autonome. Cracovie et Kazimierz en vinrent à être mitoyennes, cette dernière fut donc intégrée à la ville principale en 1801. En 1822 les murs du quartier juif furent abattus et en 1860 fut levée l'interdiction pour les juifs d'habiter autre part que dans le ghetto.

Au cours du XIXème la vie culturelle et religieuse de Kazimierz se développa tant et si bien que le quartier devint un lieu important pour les juifs d'Europe centrale. La seconde guerre mondiale ne fut bien évidemment pas une période idyllique : les nazis firent construire un ghetto au sud de la ville où ils entassèrent jusqu'à 45000 juifs. Ils y construisirent des usines pour occuper tout ce petit monde et c'est d'ailleurs dans le coin que l'on trouve la fameuse fabrique d'Oscar Schindler (que l'on peut visiter aujourd'hui je crois, mais comme elle est assez excentrée je n'ai pas encore poussé jusque là). En 1942 fut ouvert le camp de Płaszów et la même année eurent lieu les premières déportations vers le camp d'Auschwitz-Birkenau (à environ 1h20 de bus, certainement moins dans un train rempli à ras bord de gens qu'on conduisait au casse-pipe)

Après la guerre environ 3000 juifs revinrent à Kazimierz pour découvrir leurs maisons détruites pour la plupart. Ils s'éparpillèrent et certains allèrent en Silésie (la région de Wroclaw) d'où comme je l'ai dit dans un article précédent les populations allemandes avaient été chassées. Toutefois la plupart émigrèrent et aujourd'hui il ne reste que très peu de juifs à Kazimierz.

 

Pourquoi c'est le quartier juif de Cracovie s'il n'y a presque plus de juifs, me direz-vous ? Et bien c'est un haut lieu de la mémoire juive. On y compte pas moins de 7 synagogues et je n'sais combien de sites à visiter. Mais c'est surtout devenu le quartier "bobo-branché" de Cracovie. Comme les logements y étaient bon marchés jusqu'à une certaine époque les étudiants et les artistes ont envahi la place et en ont fait leur fief. Il y a des pubs, cafés et restaurants à tous les coins de rue, tous avec cette atmosphère rétro boboïsante si particulière. Quand on se promène dans Kazimierz on a l'impression de faire un bond dans le temps et de retrouver les années 20 (oui, je les ai jamais connues les années 20 et le premier qui rigole je l'assome à coups de pierogi rances). Ca fleure bon le melting pot jusque dans les boîtes de nuit qui passent du klezmer et l'ambiance artisto-intellectualisante qui y règne n'est pas pour me déplaire (décidément je vais battre mon record de néologismes dans cet article).

Trêve de blabla, des photos ! Navrée une fois de plus car je n'en ai pas pris tant que ça...

 

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Une rue célèbre de Kazimierz car un film y a été tourné, mais je ne peux plus remettre le nom (p't'être bien la liste de Schindler). Et un Lauri qui a l'air heureux de vivre, tiens.


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J'aimerais bien vous donner une explication intelligente de cette photo, mais il faudra se contenter d'un "oooh, comme c'est étrange".

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Encore un attrape-touriste, mais Cracovie est la ville la plus touristique de Pologne

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Et oui, y en a encore qui y croient

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Et pour reprendre des forces une p'tite zapiekanka sur la place Nowy. Je vous parlerai plus tard de cette spécialité polonaise qui est la meilleure "drunk food" que je connaisse. :) Vous pouvez voir derrière le grand bâtiment rond de la place qui abrite pas mal de stands de zapiekanki. C'est un lieu de rassemblement des fêtards la nuit qui y font un p'tit saut entre deux pubs pour éponger.

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Cristiano a l'air enchanté par cette photo



Cracovie c'est aussi des dizaines d'églises au kilomètre carré (comme dans toutes les villes de Pologne à bien y penser), située dans des endroits où on ne les attend pas toujours. Il suffit parfois de passer par une porte dérobée et on se retrouve dans un endroit comme ça :

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L'empire du kitsch. Il y avait un concert ce soir là dans cette église mais on a oublié d'y aller...

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Oh, le bel orgue !

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Oh, le beau plafond !

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Gare aux fidèles épileptiques !


Si je suis amoureuse de Cracovie c'est pour son ambiance, ses belles rues, ses bars sympas, mais surtout... le Massolit ! C'est une librairie-café nichée à l'angle de deux rues fréquentée principalement par des professeurs ou des étudiants internationaux et ceci pour une bonne raison : on n'y trouve presque que des livres en anglais ! Il y a aussi un rayon français, espagnol, allemand, italien et bien entendu polonais. Les murs sont recouverts d'étagères, on y nage littéralement dans les bouquins... Fidèle à moi-même je fais régulièrement des razzias dans leur rayon médiéval et dès que je vais à Cracovie je passe quelques heures à lire dans cette atmosphère d'étagères poussiéreuses, de thé fumant et de lourdes tentures ouvrant sur des couloirs sombres et des pièces confinées, donnant à l'endroit une ambiance feutrée.

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Le seul problème du rayon médiéval, c'est qu'il est assez près du plafond...

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Il y a aussi un coin pour les (grands) enfants

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Et Cristiano a adoré

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Flo aussi


A Krakow on trouve aussi des restaurants, dont ces fameux bars mleczny dont j'ai déjà parlé. Un des plus sympas est quasiment impossible à trouver quand on n'habite pas la ville, mais il vaut le détour pour son ambiance et ses plats délicieux qui ne coûtent qu'une poignée de zloty.

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L'entrée qui ne laisse pas deviner que c'est la croix et la bannière pour atteindre le restau...

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Le pouvoir du kitsch, une fois de plus !

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Et voilà LA spécialité polonaise : le żurek. C'est une soupe avec de la viande, ici dans sa version "w chlebu", c'est à dire dans le pain.

Je crois bien que j'arrive à la fin de ma visite guidée. Je vous avais promis une bière qui marche, la voici :

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Ca doit être la bière la plus prise en photo de Pologne (voire du monde, soyons fous)

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Je préfère ça aux "free hugs"

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Et bien entendu, l'abus d'alcool blablabla...


A Krakow j'ai fait une chose improbable : je suis allée voir un match de foot. Voui madame ! Même que j'ai aimé. Wisla Krakow jouait contre Piast Gliwice. Un truc à savoir sur le foot en Pologne : les supporters sont encore plus tarés que les français (qui pourtant placent déjà la barre assez haut). J'ai eu l'impression de débarquer dans une cage aux lions en entrant dans le stade. Fouille, CRS (en tout cas l'équivalent de nos CRS), supporters survoltés arborant tous l'écharpe du club voire le tee-shirt et même la casquette... On se serait cru à un meeting de l'UMP.
J'étais avec Patrick, Cristiano, Christoph et Lauri et nous sommes allés dans la tribune des supporters de Wisla Krakow (qui était donc l'équipe qui accueillait, Gliwice étant située à deux heures de train sur la route de Wroclaw). Il faut savoir à ce propos qu'il y a deux équipes de foot à Krakow : Wisla Krakow et Cracovia. Et elles se haissent franchement. Ce sont les deux clubs les plus anciens de Pologne, mais Wisla avait plus de succès sous la domination soviétique. Vous l'aurez compris : quand vous croisez un supporter de Wisla et un autre de Cracovia la meilleure chose à faire est de courir.
Le match était en tout cas sympathique. Il n'y a pas eu de blessés, quoique le mec qui s'est pris sur la figure le siège que j'ai vu voltiger dans la tribune a dû souffrir un peu. Et nous nous sommes éclipsés dès la fin du match pour éviter d'avoir des problèmes (mais Wisla avait gagné, il n'y avait pas grand danger).



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L'antichambre de l'enfer

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Le stade avec au fond à gauche la tribune des supporters de Gliwice

C'était une étude ethnologique très intéressante, mais j'me sentais étrangement déplacée...



Ca y est, c'est fini !
Si vous avez eu le courage de me lire jusqu'au bout, je vous félicite. Et merci, parce que je mets un temps fou à écrire ces satanés articles...

Allez, quelques p'tites photos pour la fin !

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Le traditionnel monument à Grunwaldzki (ou Tannenberg en allemand), la fameuse défaite des Teutoniques en 1410. Celui-ci est quand même particulièrement pompeux.

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Euh... No comment.

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Le Mały Rynek, ou petit rynek, situé juste à l'est du principal

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Incontournable

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Sur la promenade longeant la Vistule on trouve des joueurs d'échecs. Là j'en ai pris un en flagrant délit. :D
Abraham et Lauri ont l'air d'en prendre de la graine (ou alors ils font vachement bien semblant de comprendre)

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Pause calin

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Pause pose

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On n'est pas mignons ?

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La bataille faisait rage entre les italiens et les allemands...


Krakow, ça bouge !
A noter que ces p'tits gars faisaient le même show dix fois par jour, au geste près.




Sur ces belles paroles je vais me coucher car je pars demain matin pour Berlin ! Encore un voyage et je suis loin d'avoir mis ce blog à jour... J'ai quand même changé la bannière, pour avoir quelque chose de plus... "polonais". C'est la vue du Rynek de Wroclaw depuis l'église Sainte-Elizabeth (du moins je crois que c'est Sainte-Elizabeth, il y a tellement d'églises ici...).